Soigner la dépression saisonnière

Dernière mise à jour 06/12/17 | Article
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Régulièrement à la fin de l’automne, certaines personnes souffrent de symptômes dépressifs. Un mal qui se soigne.

Les arbres ont bientôt perdu toutes leurs feuilles, le ciel devient désespérément gris, et la luminosité baisse en même temps que votre réserve de chocolat… Peut-être souffrez-vous de dépression saisonnière? Ce mal n’a rien d’un mythe. Il est même répertorié dans le manuel de diagnostic des troubles mentaux américain, le fameux DSM-5 (Diagnostic Manual of Mental Disorders). Cette forme de dépression particulière est assez fréquente, puisqu’elle touche 2 à 3% de la population. Environ 10% des personnes concernées présentent les mêmes symptômes, mais de façon atténuée. Sans qu’on sache expliquer pourquoi, les femmes y sont sujettes que les hommes.

Le principe de la luminothérapie

Nos yeux sont dotés de cellules spécialisées dans la reconnaissance de la luminosité. Ces cellules, dites ganglionnaires, sont situées dans la rétine. La nuit, elles détectent la baisse de luminosité et transmettent cette information à la glande pinéale, située dans le cerveau. Cette glande provoque la sécrétion de mélatonine et prépare notre corps à l’endormissement. En automne et en hiver, alors que la luminosité extérieure faiblit, il arrive que ces cellules ne perçoivent pas que le jour s’est levé. Le taux de mélatonine dans le sang reste anormalement élevé, ce qui explique la sensation de fatigue inhabituelle. Le principe de la luminothérapie, l’exposition de l’œil à une lumière proche de la lumière du soleil, mais sans infrarouges ni ultraviolets, permet de compenser l’absence de lumière et de bloquer la production de mélatonine. En stimulant directement les cellules de l’œil, la luminothérapie permet d’une certaine manière de pallier le dérèglement de notre horloge interne et de couper court aux symptômes de la dépression saisonnière. En effet, comme on peut le lire dans la Revue médicale suisse, la mélatonine peut également avoir un effet sur l’humeur et les circuits sérotoninergiques, également impliqués dans la dépression.

La dépression saisonnière se traduit par une humeur dépressive, de la tristesse, par une baisse d’énergie, un manque de plaisir dans la réalisation des activités habituelles, des difficultés de concentration, et une anxiété assez marquée. Deux symptômes typiques distinguent toutefois la dépression hivernale des formes classiques. Les personnes touchées ont tendance à manger davantage et de manière compulsive, avec des envies irrépressibles d’aliments sucrés. Dans 70 à 80% des cas d’ailleurs, ces comportements entraînent une prise de poids, indique la Revue médicale suisse. On constate aussi des besoins de sommeil importants durant cette période de l’année.

Ces épisodes dépressifs débutent généralement entre septembre et décembre et se poursuivent jusqu’au retour du printemps, entre mars et avril de l’année suivante. Le retour de la belle saison est en effet marqué par une rémission complète, c’est-à-dire par la disparition de symptômes. C’est souvent vécu comme une renaissance. Entre mai et août, le moral est au beau fixe. Parfois même, le contraste est fort: l’humeur sombre fait place à une grande excitation et une énergie débordante.

La baisse de luminosité qui intervient dans le courant de l’automne est la principale cause de la dépression saisonnière. Non seulement la luminosité extérieure en hiver est faible qu’en été, mais en nous sommes davantage exposés durant cette période à un éclairage artificiel, faible que celui de la lumière extérieure, puisqu’il oscille entre 50 et 500 lux (unité mesurant l’éclairement lumineux). En hiver, le soleil émet entre 10’000 et 20’000 lux, contre 50’000 à 100’000 lux en été.

Luminothérapie

Pour contrer les symptômes d’une dépression saisonnière, la luminothérapie est le traitement de choix. Il consiste à s’exposer à une lampe (ou à un casque à visière) qui simule un ensoleillement extérieur. La lampe génère donc une lumière blanche d’une intensité moyenne entre 2500 et 10’000 lux, de quoi garantir une exposition suffisante à la lumière. Le médecin –pour autant que le diagnostic de dépression saisonnière ait été posé– affinera le traitement en fonction des besoins de son patient (intensité lumineuse, temps et moment d’exposition, etc.). La luminothérapie est jugée efficace, puisqu’on estime entre 60 et 90% ses chances de succès. Mais parfois, elle ne suffit pas et doit être soutenue par une psychothérapie ou des médicaments (antidépresseurs par exemple). Dans tous les cas, le maintien d’une bonne hygiène de vie (grand air, activité physique, alimentation équilibrée, etc.) est bénéfique.

En pratique

S’installer confortablement. Puis, se positionner devant la source lumineuse spéciale à une distance et pour une durée déterminées, en fonction du type d’appareil et de l’intensité lumineuse émise. Si les yeux doivent rester ouverts, nul besoin de fixer continuellement la lumière. On peut très bien s’adonner à d’autres activités (lecture, ordinateur) pour autant qu’on fixe la lampe chaque minute ne serait-ce que durant deux à trois secondes. Il est possible de suivre des séances de luminothérapie en cabinet ou chez soi.

Acheter ou louer?

Les coûts liés à l’achat d’une telle lampe sont pris en charge par l’assurance de base pour autant que le diagnostic de dépression saisonnière ait été posé. Le montant maximal de remboursement est fixé à 350 CHF pour l’achat et à 1,80 CHF par jour pour la location.

Effets secondaires passagers

Des effets secondaires sont possibles, mais ils sont généralement minimes et transitoires : céphalées passagères, tensions oculaires, nausées, sensation d’hyperactivité, transpiration, somnolence, insomnie, sensation de sable dans les yeux, par exemple.

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Paru dans le Quotidien de La Côte le 22/11/2017.

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La lumière solaire est-elle de nature à influencer positivement notre humeur ? D’instinct, on serait tenté de répondre oui. Nous avons tous fait l’expérience du moral au beau fixe lors des jours de grand soleil. Mais les autres lumières? A commencer par celles artificielles auxquelles nous sommes exposés, souvent contre notre gré, quand le soleil a disparu? Jouent-elles de manière négative sur notre mental? Une étude américaine aborde ce sujet et pourrait bien expliquer les raisons de notre mouron.
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